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Essai de la Volkswagen Golf GTI TCR : la TCR accessible

Voiture de course GTI blanche et noire sur circuit avec arrière aileron, pneus slicks et décor hexagonal.

Cette Golf a sacrément de quoi attirer l’œil.

Il s’agit de la Volkswagen Golf GTI TCR. Pas la compacte sportive de série, mais sa déclinaison « influence » : une voiture de tourisme au règlement TCR, homologuée pour courir dans des championnats de voitures de tourisme (les fameuses courses « tin-top ») partout dans le monde.

Le règlement TCR et la Volkswagen Golf GTI TCR

Pour faire simple, le TCR a bousculé le fonctionnement des compétitions de tourisme en allégeant et en clarifiant les règles, afin de maintenir des autos relativement abordables et faciles d’accès. Tout est relatif, évidemment : cette GTI TCR démarre à 95 000 € (environ 85 000 £). C’est une somme pour une Golf, mais ce n’est pas grand-chose pour une voiture de course.

Coût et accessibilité : qu’est-ce que ça change ?

D’accord pour le prix. Mais l’accessibilité, alors ?

Sous la carrosserie, c’est bel et bien une Golf. Le règlement TCR impose une architecture proche des modèles de route, avec une cylindrée plafonnée à 2 000 cm³. On retrouve donc un quatre-cylindres 2,0 litres turbo comme sur n’importe quelle Golf GTI Mk7, sauf qu’ici il est poussé à près de 350 ch, soit plus de 100 ch de plus que la GTI la moins chère du catalogue. La transmission reste aux roues avant et s’appuie sur la même logique de différentiel autobloquant pour faire passer la puissance sur le seul essieu avant.

Les chiffres progressent par rapport à la GTI TCR « route » : le 0 à 100 km/h tombe à 5,2 s, soit un demi-seconde de mieux. Et avec 1 285 kg sur la balance, elle affiche aussi plus de 100 kg de moins. À première vue, ce n’est pas énorme quand on sait que l’habitacle est vidé et qu’il n’y a plus aucun luxe. Mais en sport auto, on ajoute ce qui compte : davantage de télémétrie, davantage d’arceau, et beaucoup plus d’éléments de carrosserie. Il suffit de regarder ces ailes élargies.

Toujours dans l’idée de rester accessible, deux boîtes de vitesses sont proposées. L’option la plus abordable, à 95 000 €, c’est une TCR avec une DSG à palettes, comme sur les Volkswagen de route. Pour 115 000 €, vous passez à une vraie boîte séquentielle à six rapports : plus exigeante à piloter, et plus coûteuse en entretien. La DSG peut tenir jusqu’à 14 000 miles sans remplacement (environ 22 500 km), tandis que la séquentielle demande une révision complète tous les 2 000 à 4 000 miles (environ 3 200 à 6 400 km).

Est-ce que je devrais m’y intéresser ?

Les voitures TCR peuvent courir aussi bien en sprint sur circuit qu’en endurance, par exemple aux 24 Heures du Nürburgring, et pour ce type d’épreuve la DSG est plutôt recommandée. De quoi renforcer sa crédibilité si vous redoutez qu’opter pour une auto de course capable d’être laissée en mode automatique, si vous le souhaitez (certains pilotes le font), soit vu comme le fait de « se dégonfler ».

Sur piste avec la GTI TCR DSG

C’est justement la version DSG que nous avons conduite, et l’argument de l’accessibilité se vérifie instantanément au volant de cette GTI TCR. Dans un box, on sent facilement monter l’intimidation : un système HANS qu’on glisse autour du cou, un casque qu’on vous serre sur la tête, puis vous essayez d’enjamber maladroitement l’arceau, en espérant ne pas avoir l’air aussi perdu que vous vous sentez.

Et puis vous repérez le même levier que dans une Golf diesel, vous le descendez en D, et vous partez. C’est plus bruyant, plus agressif, mais pas plus compliqué que n’importe quelle Volkswagen à deux pédales. Bien sûr, certains détails trahissent une vraie pistarde : volant en suédine couvert de boutons, pédale de frein lourde et sans assistance, position de conduite très basse qui place votre regard dans le tiers inférieur du pare-brise (si, comme moi, vous n’êtes pas très grand). Mais vous n’avez pas à lutter contre des commandes incompréhensibles sans licence de course. Elle se conduit réellement aussi facilement que n’importe quelle autre GTI.

Vraiment ?

Oui, à condition que les pneus soient à température. À froid, l’arrière peut se montrer un peu nerveux si vous combinez freinage et braquage à l’entrée d’un virage - un genre de situation qu’une voiture de route plus lourde, bardée d’aides, vous laisse rarement rencontrer. Mais dès que les quatre pneus ont pris un minimum de chaleur, on se sent presque invincible.

Le lien avec la voiture de route est réel, sauf qu’ici toute mollesse et toute hésitation ont disparu. Un coup de volant, et la TCR obéit immédiatement. Le freinage est remarquable : un seul virage suffit pour comprendre qu’il faut appuyer bien plus fort sur la pédale, et sur un relais court au moins, c’est d’une satisfaction totale. Et même si vous entrez trop vite, l’auto reste conciliante.

Le moindre début de sous-virage se corrige très simplement en relevant un peu le pied. La vivacité de la mise en appui paraît difficilement croyable si votre référence est une voiture immatriculée. Et l’ensemble est soutenu par une puissance… étonnamment peu intimidante.

Ça veut dire qu’elle n’est pas rapide ?

Elle n’est clairement pas lente, mais elle n’a pas non plus cette vitesse absurde et étourdissante qui vous donnerait des vitesses d’entrée en courbe capables de vous mettre dans de gros ennuis. C’est un grand pas au-dessus d’une Golf R de série, mais elle n’évolue pas sur un autre plan inaccessible, réservé aux plus téméraires.

C’est d’ailleurs l’esprit de cette voiture. J’imagine que la boîte séquentielle apporte la couche de complexité nécessaire pour occuper des pilotes expérimentés (tout comme un réglage de châssis rendu un peu plus vif) ; m’appeler un « débutant » serait presque trop aimable, et pourtant je me suis senti à l’aise dans cette version DSG. J’ai du mal à voir ce qui, sous la barre des 100 000 £, procurerait autant de plaisir avec si peu de risque.

Les rivales : un plateau TCR très fourni

À part les autres voitures TCR, bien sûr. Le règlement est assez strict - notamment sur les coûts d’achat et de maintenance -, donc l’immense choix de voitures conformes TCR vendues aujourd’hui propose sans doute le même mélange d’admiration et d’accessibilité : Honda Civic Type R, Hyundai i30N, Peugeot 308 GTI, et bien d’autres appliquent la même recette et s’affrontent dans les mêmes championnats. Même au sein du groupe Volkswagen, il existe de petites rivalités, avec des Audi RS3 TCR et des Cupra Leon. Faire quelques tours de Portimão seul au volant de cette Golf, c’était déjà un régal… alors au milieu d’une grille complète, ça doit être spectaculaire.

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