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MG Go! : pourquoi les comparaisons avec MINI sont inévitables

Voiture compacte électrique rouge MG GO! exposée dans un showroom moderne et lumineux.

Le choc des premières images du MG Go!

Il a suffi que les premières images du MG Go! apparaissent pour que les réseaux sociaux se remplissent aussitôt de parallèles avec la MINI. Son gabarit ramassé, ses ailes bien marquées, ses formes simples et cette grammaire néo-rétro ont rapidement été perçus comme un manque d’originalité. Avant de trancher, mieux vaut pourtant prendre un instant de recul.

L’époque du design rétro, un réflexe généralisé

Nous traversons une période où le style automobile regarde constamment dans le rétroviseur. Renault a remis sur le devant de la scène la 5 et la 4, FIAT continue de s’accrocher à la 500, Citroën s’apprête à ressusciter la 2CV, et presque tous les constructeurs fouillent leurs propres archives pour y retrouver des modèles fondateurs de leur identité. Il était donc inévitable que MG finisse, elle aussi, par activer ce levier.

La difficulté, c’est qu’en choisissant de le faire, la marque est allée puiser dans le même chapitre de l’histoire automobile britannique que la MINI. Et c’est souvent le point de départ d’une controverse.

Deux marques, une origine commune

Aujourd’hui, MG et MINI appartiennent à des groupes sans lien : la première dépend de SAIC Motor, la seconde du Groupe BMW. Mais cette séparation est récente à l’échelle de leur histoire. Bien avant cela, elles ont grandi sous une même bannière industrielle : d’abord au sein de la British Motor Corporation (BMC), puis plus tard chez British Leyland.

C’est dans ce cadre que Sir Alec Issigonis a dessiné la Mini originale, en 1959. Un modèle révolutionnaire par ses choix techniques, mais aussi par la sobriété assumée de sa silhouette.

Avec de petites roues repoussées aux extrémités de la carrosserie, un toit plat et des surfaces épurées, la Mini affichait une franchise esthétique guidée avant tout par la fonction - sur la Mini d’origine, la seule véritable concession au style restait la calandre avant. Elle est devenue l’un des emblèmes les plus reconnaissables d’une période particulièrement féconde de l’industrie automobile britannique.

Dans le même environnement industriel et culturel sont également nés des modèles comme la MG Midget et la MGB. Destinés à des clientèles très différentes, ils reposaient malgré tout sur des valeurs visuelles proches : simplicité, lisibilité, honnêteté des volumes. Ce que l’on appelle aujourd’hui « des airs de Mini » correspondait, en réalité, à un vocabulaire partagé par plusieurs marques de la BMC, puis de British Leyland.

Une ressemblance qui n’attendait que ça

Depuis la relance de la marque par BMW, la MINI a su - et avec efficacité - bâtir une identité forte en s’appuyant sur son héritage. Il est donc logique que tout véhicule reprenant ces codes graphiques soit immédiatement rattaché à elle dans l’imaginaire collectif.

Mais cela ne transforme pas pour autant cet héritage en propriété privée de la MINI. Et, par le même raisonnement, MG ne peut pas davantage s’en déclarer l’unique dépositaire.

Le constat est plus simple : pendant des décennies, les deux marques ont évolué dans la même industrie, sous les mêmes groupes, au contact de références communes. Même si leurs trajectoires se sont ensuite éloignées, elles restent rattachées à une même séquence de l’histoire automobile britannique.

Dit autrement, cette mémoire appartient aux deux, parce qu’elle découle d’une histoire partagée. Lorsque deux marques ont longtemps mis en commun ingénieurs et designers, mécaniques et technologies, il n’a rien d’étonnant à ce que, plus de soixante ans après, elles reviennent vers des inspirations proches. Ce qui surprendrait davantage, ce serait que cette proximité ne se manifeste jamais.

Ce que la comparaison avec la MINI n’épuise pas sur le MG Go!

Tout cela ne veut pas dire que chaque choix de design du MG Go! est automatiquement original ni qu’il serait « couvert » par l’histoire. Des ressemblances avec la MINI moderne sautent aux yeux, et il sera légitime de les analyser plus précisément quand le modèle définitif sera dévoilé.

En revanche, résumer le Go! à une simple copie revient à ignorer le contexte qui l’a vu naître. MG ne fait pas que marcher sur les plates-bandes d’autrui, pas plus que la MINI ne peut revendiquer l’exclusivité d’un passé qui n’a jamais été uniquement le sien.

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