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Un fourgon familial avec des fenêtres : Citroën Berlingo Multispace

Citroën Berlingo bleu métallique exposée en intérieur sur sol blanc brillant.

Imaginez le fourgon blanc qui vous double en voie de gauche, gyro imaginaire allumé, parce qu’« il y a une urgence plomberie ». Le Berlingo Multispace, c’est à peu près la même recette, mais avec un atout décisif pour la vie de tous les jours : des sièges arrière (et des vitres), des portes latérales coulissantes, et des choix de garnitures plutôt inspirés.

On pourrait presque le prendre pour un monospace si on plissait les yeux, mais sa silhouette ne trompe pas grand monde. C’est un utilitaire vitré. Et il est plus grand qu’il n’en a l’air, avec d’immenses portes avant et des portes coulissantes arrière plus étroites, qui ont la fâcheuse manie de revenir vers vous. Citroën a clairement cherché à l’éloigner de l’image « camionnette », avec une sellerie dite « Esprit » et des teintes vives, dont le fameux « Wicked Red ». Le résultat évoque un magasin de jouets pour enfants… en nettement moins amusant.

Son look bizarre, sans rien faire pour votre cote de popularité, devient en revanche un vrai atout en ville. Les autres automobilistes vous laissent passer aux carrefours, personne ne vous serre, et les ouvriers du BTP vous saluent au passage.

Cela dit, le Multispace ne vise pas les jeunes cadres pressés. Il est pensé pour les familles, et c’est là qu’il marque des points. Avec deux portes coulissantes, l’accès est simple. À l’avant, on profite d’une garde au toit presque excessive et d’une planche de bord très utilitaire.

Cette version, le Multispace « Modutop » (non, ce n’est pas un Pokémon, on me l’assure), ajoute un système de rangement au plafond pour ce qui ne rentre pas dans le coffre. Glissez un téléphone dans le bac au-dessus du conducteur et démarrez un peu fort au feu : vous découvrirez vite l’interface désagréable Nokia/front. Aïe. L’option Modutop comprend aussi plusieurs petites poches et trappes, ainsi que cinq petits toits vitrés individuels et une ventilation additionnelle. Le coffre mérite également un mot. Il est vaste, mais habillé d’un plastique nervuré très résistant, qui promet de malmener vos courses au moindre virage : des filets de rangement deviennent indispensables.

Au volant, le Berlingo est amusant. Ce n’est pas une sportive, mais à vide il peut donner le sourire. Les commandes sont trop légères et font un peu fragile, la position de conduite très verticale vient tout droit de l’utilitaire, et pourtant il aime qu’on le bouscule. Les pneus avant étroits se laissent facilement provoquer en couinements comiques dans les virages. Sous le capot, on trouve une gamme de moteurs 1,4 l, 1,8 l et 1,6 l 16v, ainsi qu’un diesel 1,9 l. Le 1,6 l se montre sobre et largement suffisant en ville ; c’est surtout sur autoroute que le manque de couple et l’aérodynamique façon parpaing finissent par limiter le rythme.

Alors, qui achèterait ça ? Probablement les mêmes que ceux qui choisissent un Renault Kangoo. La 1.6I 16v Forte est affichée à £9,480, plus £500 pour l’option Modutop. Face à un Scenic à £12,300 ou un Zafira à £13,995, on comprend vite l’intérêt du rapport prix/prestations. Pour une famille au budget serré, le Multispace frôle le sans-faute : énormément d’espace, un intérieur pratique et des coûts d’usage contenus.

Si vous acceptez son côté utilitaire et que vous êtes prêt à ravaler un peu votre fierté, ce Citroën mérite le détour. Au final, c’est une voiture qu’on choisit avec la raison, pas avec le cœur.

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