Tout rond et affublé d’un regard presque enfantin, il évoque un gros jouet. Le nouveau Citroën C5 Aircross fait peau neuve de bout en bout et s’offre, pour la première fois, une déclinaison 100 % électrique. Prise en main de ce « matelas » annoncé à 680 km d’autonomie.
Même s’il n’est pas aussi minuscule que celui du cousin Peugeot, le volant du Citroën C5 Aircross reste incroyablement facile à manœuvrer. Il suffit de poser l’auriculaire sur une branche et, hop, un demi-tour se boucle en trois mouvements expédiés. Cela dit, comme on ne change pas d’itinéraire par erreur tous les jours - du moins je vous le souhaite -, cette légèreté extrême n’a rien d’indispensable.
En revanche, le moelleux de la suspension compte bien davantage, et le C5 Aircross tient sa promesse. Dos-d’âne, raccords et bouches d’égout sont gommés avec une vraie aisance. Certes, les amortisseurs à butées hydrauliques peuvent encore taper à basse vitesse, mais, dans l’ensemble, le filtrage atteint un excellent niveau. C’est souple - et forcément peu sportif, avec de nombreux mouvements de caisse.
Un Citroën C5 Aircross à l’aise sur voies rapides
Ajoutez à cela une direction très (trop) assistée, et le résultat n’aide pas à sentir précisément ce qui se passe sous les pneus. Prudence donc, d’autant que les performances ne jouent pas les coups de poing : le 0 à 100 km/h devrait à peine descendre sous les 9 secondes sur notre version Grande autonomie. Dans l’absolu, c’est suffisant, mais la concurrence plus vive paraît nettement plus alerte.
De toute façon, le Citroën C5 Aircross assume clairement sa préférence : avaler des kilomètres d’autoroute sans se faire violence. Bonne nouvelle, la conduite semi-autonome livrée de série sur la finition haut de gamme MAX se montre convaincante et ajoute même le changement de voie automatique. Autre point solide, l’insonorisation réduit les turbulences à de légers souffles malgré l’absence de vitrage feuilleté. Le planificateur d’itinéraire se révèle pertinent, avec des estimations cohérentes.
Belle autonomie mais recharge décevante
Reposant sur la plateforme STLA Medium du groupe Stellantis, le Citroën C5 Aircross reprend la batterie de 97 kWh du Peugeot 3008. Produite par le spécialiste français ACC, cette grosse capacité permet d’afficher 680 km d’autonomie WLTP. Un chiffre d’autant plus intéressant qu’avec une consommation de 23 kWh/100 km sur autoroute, on peut viser 420 km.
Le constat se gâte dès qu’il faut récupérer les kilowattheures manquants. Oui, l’architecture 400 V annonce jusqu’à 160 kW en charge rapide DC, mais, sur le terrain, c’est une autre histoire. Notre pack a adopté un comportement déroutant, en se limitant à seulement 50 kW alors que la batterie affichait 40 %. Difficile à justifier, d’autant que l’on avait pris soin de préconditionner l’accumulateur avant de brancher.
Un Citroën C5 Aircross à l’environnement électrique simpliste
Dans une autre station, avec un niveau de batterie comparable, le Citroën C5 Aircross a cette fois flirté avec 105 kW, de manière relativement stable jusqu’à 60 %. C’est mieux, sans pour autant atteindre les valeurs attendues. Et surtout, la recharge rapide est restée assez irrégulière pendant tout notre essai. Un point troublant qui, espérons-le, ne concernait que notre véhicule.
À la maison, le SUV accepte jusqu’à 11 kW via une borne murale. Vu la capacité des batteries (73 ou 97 kWh), l’option paraît vivement recommandée… Les adeptes des heures creuses devront toutefois composer avec une limitation : impossible de définir une heure de fin de charge. Seule l’heure de début peut être programmée, puis la voiture charge « tout droit » jusqu’à 80 ou 100 %.
Relativement adroit en ville
Oui, le Citroën C5 Aircross a pris du volume par rapport à l’ancienne mouture. Mais avec 4,65 m de long et 1,90 m de large, il reste loin d’être démesuré. En ville, cela se traduit par une prise en main plutôt facile. On apprécie la caméra 360° à la définition élevée, très utile pour repérer les obstacles. Autre bon point, le rayon de braquage s’en sort bien - ce qui n’est pas le cas de la visibilité. Le capot, très long, peut gêner en manœuvres, et le pare-brise paraît étroit.
À l’arrière, la vision en trois-quarts est elle aussi pénalisée par un montant C particulièrement épais. Côté freinage, la pédale manque de consistance au début de la course, ce qui n’inspire pas une totale confiance. On peut atténuer ce ressenti grâce aux palettes derrière le volant qui ajustent le freinage régénératif sur trois niveaux. Le dernier mode surprend par son intensité, mais il n’aboutit jamais à une conduite à une pédale, pourtant pratique en milieu urbain.
Habitable et confortable
Heureusement, la vie à bord impose moins de compromis. Le Citroën C5 Aircross offre une belle habitabilité, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. En remplaçant les trois sièges indépendants par une banquette fixe, il perd en modularité, mais gagne légèrement en confort : les assises arrière sont d’un moelleux remarquable, et les dossiers, réglables en inclinaison, profitent d’un rembourrage généreux.
Le tunnel central reste discret, ce qui permet d’installer un troisième passager plus correctement, même si ce dernier devra composer avec un dossier plus ferme qu’aux places latérales. Des aérateurs sont prévus pour les occupants arrière, mais aucun réglage de ventilation n’est proposé, contrairement au 3008 qui peut recevoir une climatisation tri-zone. Le coffre affiche 651 litres avec les dossiers en place, et jusqu’à 1 668 litres banquette rabattue. Les rangements, eux, sont nombreux et volumineux.
Un Citroën C5 Aircross forcément original
Difficile d’être sage quand on s’appelle Citroën. Le C5 Aircross reprend les codes maison avec une silhouette qui ne ressemble pas à la masse. Déjà vus sur le Berlingo restylé, les feux avant en forme de C sont ici associés à la technologie Matrix LED, une première pour la marque aux chevrons. Le profil mise sur de larges protections en plastique, et peut recevoir des jantes de 20 pouces en option - un diamètre inédit chez Citroën.
À l’arrière, le style pousse encore plus loin : la poupe adopte des optiques en Y très démonstratives qui débordent sur le montant C. Le rendu est spectaculaire et attire facilement l’œil. On note aussi de petits inserts colorés à l’avant et sur les portières, destinés à renforcer la personnalisation. Il le faut, car la palette de teintes du C5 Aircross surprend par sa sobriété pour une Citroën réputée originale.
Beau dessin mais qualité en baisse
À bord, le Citroën C5 Aircross change radicalement d’ambiance avec une planche de bord horizontale et un écran tactile vertical de 13 pouces. L’ergonomie se révèle plutôt intuitive, et les commandes de ventilation - bien que tactiles - restent toujours accessibles. Devant le conducteur, une instrumentation de 10 pouces est épaulée par un affichage tête haute. Par rapport à l’ancien modèle, la modernisation est nette.
En contrepartie, la finition recule. Le dessus de la planche de bord est entièrement en plastique dur, un choix que l’on retrouve également sur les contre-portes avant et arrière. C’est un peu juste, malgré la présence d’inserts en tissu recyclé utilisés en quantité pour relever l’ambiance. Les boutons du volant, posés sur une platine laquée, ne donnent pas une sensation très qualitative. Et le noir brillant de la console centrale marque facilement.
Un Citroën C5 Aircross bien doté
Côté tarifs, le C5 Aircross se montre plus accessible que certains cousins, avec un prix d’appel à 34 300 € en micro-hybride et à 39 490 € en électrique. Cela reste un budget conséquent, mais inférieur à celui du Peugeot 3008 à équipement comparable. Et le SUV Citroën ne fait pas l’impasse sur le contenu : régulateur adaptatif, démarrage mains-libres, écran tactile 13 pouces, climatisation bi-zone ou encore jantes de 18 pouces figurent de série.
La finition intermédiaire PLUS, à partir de 37 240 €, ajoute la caméra de recul, l’accès mains-libres, les vitres arrière surteintées, la navigation, l’éclairage d’ambiance et les aérateurs arrière. Enfin, la version MAX, disponible dès 40 180 €, complète la dotation avec les projecteurs Matrix LED, le hayon électrique, la caméra 360°, l’affichage tête haute, le siège conducteur à réglage électrique et le volant chauffant.
Les prix apparaissent cohérents au vu de l’équipement, mais la gamme reste aujourd’hui incomplète : la version électrique Grande autonomie que nous avons essayée n’est pas encore commandable. Les batteries ACC sont prioritairement réservées aux Peugeot e-3008 et DS N°8. Le Citroën devra patienter. À titre de repère, un Citroën C5 Aircross MAX avec batterie standard est affiché à 45 370 €. Et comme le Peugeot e-3008 grande autonomie demande près de 6 000 € de plus que la version standard, il est quasiment certain qu’un C5 Aircross doté de la même batterie ne pourra pas prétendre au bonus écologique en finition MAX.
Notre avis sur le Citroën C5 Aircross
Confortable, distinctif et généreux en espace, le Citroën C5 Aircross se permet en plus d’être proposé moins cher que ses cousins. Il conserve un équipement moderne et accueillera bientôt la batterie grande autonomie au catalogue. Autre atout, il est assemblé en France, à l’usine Stellantis de Rennes-La Janais. Et si, finalement, c’était la meilleure affaire du groupe Stellantis ?
Citroën ë-C5 Aircross Grande autonomie MAX
50 000 € (Estimation)
8.5
Verdict
8.5/10
On aime
- Le confort de haut niveau
- L’autonomie convaincante
- L’équipement complet
- Les tarifs relativement raisonnables
On aime moins
- Le dynamisme complètement absent
- La qualité de finition légère
- La charge rapide capricieuse
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